Méditation et abandon

Il était une fois, au Tibet, un garçon qui voulait voler. L’histoire raconte qu’un beau jour, il vit un grand oiseau voler majestueusement dans le ciel, mais en regardant de plus près, il se rendit compte que c’était un homme qui volait comme un oiseau ; alors il alla de village en village à la recherche du maître volant. Finalement, après plusieurs mois de recherches, il se retrouva face à lui. Il supplia le maître de lui apprendre l’art de voler avec tant d’ardeur que celui-ci le prit sous sa tutelle.

Au fil des années, le garçon servit fidèlement son maître, jusqu’au jour fatidique de pleine lune où le maître lui transmit l’art de voler comme un oiseau. Il demanda au garçon de mettre en pratique cette connaissance en méditant à minuit.

Puis il le mit en garde: « La seule règle pour que la technique marche, c’est que tu n’as pas le droit de penser aux singes. »

Très heureux de ce savoir, le garçon repartit chez lui. Tout en marchant, il se disait: « Pourquoi penserais-je aux singes? Je n’ai jamais vu de singe. Je ne penserai pas aux singes, » et il resta sur le fil de ces pensées. Plus tard dans la nuit, lorsque le garçon s’assit en méditation, toutes ses pensées se focalisèrent sur ‘ne pas penser aux singes’, si bien que le moment venu, l’occasion fut perdue.

Notre voyage spirituel est aussi semé de telles embûches qui résultent principalement de nos attentes et des pensées qui en découlent. Au lieu de simplement méditer, nous finissons par méditer dans l’attente d’obtenir et d’atteindre quelque chose. Par exemple, si un jour nous avons une expérience profonde en méditation, nous nous attendons à ce qu’elle se reproduise. Nous voulons des sittings plus profonds, des visions pénétrantes et des inspirations intérieures. La liste de nos attentes ne cesse de s’allonger.

Les attentes constituent un obstacle à l’expérience. Les attentes nous privent des cadeaux que la nature veut nous offrir. Lorsque nous n’avons pas l’expérience à laquelle nous nous attendons, non seulement nous perdons le cadeau que nous étions censés recevoir, mais nous sommes également déçus et créons le doute en nous-mêmes. Nous finissons par douter du lieu, des personnes, de la méthode et même du Maître. « Ya-t-il quelque chose qui ne va pas dans ma pratique? » « Peut-être que le groupe avec lequel je médite n’est pas bien, » « Ai-je perdu ma connexion intérieure? » Ce sont là toutes des réflexions que j’ai entendues de la part des chercheurs.

Nous aggravons ensuite le problème en discutant de nos expériences avec d’autres chercheurs et en les comparant avec les leurs. Lorsque quelqu’un décrit une expérience extraordinaire, nous nous disons: « Pourquoi ne m’est-il pas donné quelque chose de semblable ? » Les comparaisons et les attentes sont toutes deux complices dans ce travers et jouent constamment des tours à notre mental.

Alors, comment surmonter ce problème bien réel et dérangeant ? La réponse est si simple : l’attitude. L’attitude avec laquelle nous abordons la méditation déterminera l’altitude que nous atteindrons. Notre bien-aimé Babuji nous a merveilleusement guidés dans ce domaine. Dans son livre Commentaires sur les dix maximes du Sahaj Marg, il dit de pratiquer ‘avec un cœur plein d’amour’.

Toute méditation peut être un acte d’abandon. Lorsque nous méditons dans une telle attitude, nous nions notre existence, nous neutralisons nos attentes et créons le vide intérieur pour la descente de dimensions supérieures.

Le concept d’abandon est souvent mal compris. Nous ne nous abandonnons pas à quelqu’un ou à quelque chose. Mais par contre, toute action accomplie avec amour s’apparente à l’abandon. C’est là que nous prenons conscience du génie de la déclaration de notre bien-aimé Babuji qui nous exhorte à pratiquer avec un cœur plein d’amour.

Lorsque nous méditons avec amour, nous créons naturellement un état d’abandon. Dans un tel état, nous ne sommes plus du tout préoccupés par les expériences que nous recevons. La méditation n’est plus une transaction avec Dieu. Nous sommes alors ouverts à tout ce qui doit arriver. Le chemin est maintenant la destination et lorsque le chemin devient notre destination, nous pouvons nous considérer comme abandonnés.

Dans cet état d’abandon, toute inquiétude est une insulte au Seigneur. Alors, méditons avec amour et laissons la magie se produire!

Kamlesh D Patel (17 NOVEMBRE 2017)

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