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FRANÇOIS BOUDERLIQUE nous raconte comment il a découvert un sens aux défis posés par le monde actuel et relate sa propre évolution à partir de cette prise de conscience.

L’état du monde s’expose à nos yeux. Les phases du deuil, décrites par Elisabeth Kübler-Ross, peuvent nous aider à identifier notre manière de réagir face aux défis posés par notre civilisation du 21ème siècle sur le point de s’effondrer.

LE DÉNI

Je continue de vivre ma vie, comme si de rien n’était, en animal consumériste, considérant que le problème est «ailleurs». Après tout, en quoi serais-je responsable de cette crise globale?

Je vis dans l’illusion.

LA COLÈRE

Quel gâchis! C’est à cause de tous ces politiciens, des multinationales, de la gouvernance déplorable du 1% qui tire les ficelles. Que je sois un activiste écologique extrémiste, un théoricien du complot, ou que je pense que les masses n’ont pas assez de cerveau pour réfléchir, peu importe. Je suis en colère et je clame haut et fort ma conviction, plus que je n’agis. Les gens vont se réveiller! La révolution est en marche!

Je vis dans le passé.

LE MARCHANDAGE

Je suis conscient de l’état de crise dans lequel nous sommes piégés. J’admets que certaines de mes tendances compulsives à la consommation y sont pour quelque chose. Je voudrais m’extraire de ce style de vie, mais comment m’y prendre? Je passe par des phases alternées de culpabilité et d’exaltation, et bien souvent je fais des compromis avec mes valeurs intérieures pour m’adapter à ce monde que je voudrais différent.

Je vis, soit dans le passé, soit dans un futur dans lequel je me projette quand je souffre trop.

LA DÉPRESSION

Pourquoi m’inquiéter de quoi que ce soit? C’est la pagaille, et ça ne fera qu’empirer. Je me complais à ruminer sur cette période sombre et le destin tragique auquel nous devons tous nous préparer. Je suis pessimiste, cynique, seul et sans espoir de voir un monde meilleur ni de pouvoir me changer.

Je vis dans le noir.

L’ACCEPTATION

Je ne peux pas combattre le destin, alors autant m’y préparer. Je suis pragmatique et je veux voir la réalité telle qu’elle est. Je suis conscient de mon impact personnel sur ce monde et je veux faire ma part de travail et prendre toutes les responsabilités qui relèvent de ma sphère d’influence.

Je vis ici et maintenant.

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J’ai travaillé vingt ans dans le secteur bancaire. En 2014 quand j’ai décidé de quitter mon poste dans l’une des grandes banques d’Europe, j’ai traversé toutes ces étapes:

Le déni, car je ne voulais pas admettre que je vendais de mauvais produits à mes clients.

La colère, quand j’ai compris, après la crise de 2008, les montages des institutions financières pour en tirer profit.

Le marchandage, pour conserver mon salaire exorbitant.

La dépression, dans laquelle j’ai sombré progressivement, après avoir été une brève année lanceur d’alerte au sein de ma banque.

L’acceptation, en me rendant à l’évidence que je devais quitter ce travail et trouver un mode de vie plus en adéquation avec mes valeurs.

En étudiant rétrospectivement ce cheminement de la perte, qu’il s’agisse de la perte d’un travail, d’un

divorce, ou d’un décès familial, j’ai observé que le processus d’introspection suivait un principe fondamental: c’est aux moments les plus sombres que nous sont accordés les plus grands bienfaits. C’est dans ces périodes de changements inéluctables qu’il nous est donné de clarifier notre vision et de pouvoir accéder à une sorte de renaissance. Plus le défi est grand, plus grand est le cadeau, le don qu’il nous réserve. Nous voyons ce qui nous freinait et avançons sur le chemin de l’authenticité, de l’honnêteté vis à vis de notre nature profonde.

Quand je me suis lancé dans la création d’une communauté résiliente, au terme de ma carrière prétendument réussie dans le monde de l’entreprise, j’ai eu bien plus de temps pour méditer sur les valeurs essentielles que je portais dans mon cœur, valeurs en totale contradiction avec les constructions mentales et philosophiques dont j’avais encombré mon cerveau durant des années. J’ai alors réalisé que ces phases de la perte, ou du deuil, avaient été des étapes dans la découverte de ma conscience, et que chacune avait requis la destruction subtile de ma toile personnelle – formée par ma culture, mon éducation, mes croyances, etc.

Comment cela se passe-t-il?

Au fur et à mesure des nettoyages effectués au cours de ces étapes, une nouvelle conscience nous mène à une réalité en résonance avec notre nature authentique.

Nous nous sentons libérés d’une prison créée par nous-mêmes à force de compromis avec un système de valeurs emprunté à l’extérieur.

En reconnaissant que nous étions nous-mêmes le problème, en cessant d’être une machine à compromis, nous parvenons à un état de gratitude envers ce don de libération.

Alors la possibilité d’élargir notre conscience s’offre à nous, et nous découvrons que tout est de nature spirituelle.

Et lorsque nous parvenons finalement à nous dégager de toutes ces phases du deuil, cette idée subitement nous vient: «Qu’est-ce qui va venir maintenant?» Quand nous accueillons chacun de ses défis naturels, la vie redevient excitante!

S’il y a don, il doit bien y avoir donateur. Et devinez qui il est? C’est moi, qui me donne à moi-même! Et vu ma motivation à m’accorder toujours plus de dons, la source n’est pas près de tarir!

Dès que nous serons prêts à voir la vie comme une roue du changement où notre ancienne vision meurt régulièrement, nous accueillerons la naissance de nouvelles visions, de nouveaux niveaux de perception et de nouveaux états de conscience.

Dès que nous serons prêts à voir la vie comme une roue du changement où notre ancienne vision meurt régulièrement, nous accueillerons la naissance de nouvelles visions, de nouveaux niveaux de perception et de nouveaux états de conscience.

J’ai pu observer l’accélération de ce processus de deuil grâce à la méditation Heartfulness. Quand je suis attentif à ce qui résonne en moi, je reconnais toute situation inconfortable comme un déni. J’arrive presque toujours à sauter directement à l’étape de l’acceptation qui me fait accéder à un nouvel état de conscience. Ma vie est devenue joyeuse, car j’anticipe constamment le nouveau don qui m’attend quelque part – don que je ne peux m’offrir qu’à travers l’acceptation.

À ce stade, je sens que je passe par des alternances, dans cet abandon à ce qui vient à moi. En fait, je m’abandonne à la fois à la vie et à moi-même. À l’opposé de la conception occidentale qui voit dans l’abandon un aveu de défaite, je le perçois maintenant comme l’opportunité d’une réelle victoire, l’occasion de découvrir le don de lucidité qui attendait, caché au plus profond, au plus obscur d’une expérience de vie.

L’aptitude à découvrir ces dons a caractérisé toutes les grandes personnalités. Et j’aime citer Ram Chandra, un grand saint de l’Inde: En vérité, le chemin le plus proche de Dieu est le chemin le plus proche de vous.

Alors, amis, soyons en permanence en quête du don que la réalité peut nous offrir, afin que notre vie demeure légère et joyeuse!

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